« NAÏVETÉ D’HIER, TREPAS D’AUJOURD’HUI  » de Yann-Michel BALOSSA

Il se faisait 2 heures  quand je m’allongeai pour m’endormir. J’avais lu mon histoire préférée, “Les Trois Quarts De Mes Larmes”, presque toute la nuit. Le froid m’obligeait à enfuir mon corps sous la couverture. Il fallait à tout prix se mettre au chaud pour ne pas s’attraper un coup de froid. Ma lampe, je l’avais laissé allumée. Allongée de dos, j’observai le plafond de ma chambre, la tête adossée sur un oreiller. Ce n’est pas l’image de la belle décoration que je voyais mais celle de la triste histoire que je venais de lire. À y repenser, j’avais le cœur chagriné de réaliser l’ampleur de la cruauté d’un homme. Comment il pouvait meurtrir l’âme de celle à qui il avait juré amour et fidélité. Ce qui me plongea dans une sorte de mélancolie sans précédent, un mélange de rage et d’amertume. Mon esprit divaguait toujours au rythme de la réflexion quand ma paupière droite menaçait de se rabattre, elle devint lourde. Le bâillement ne tarda pas à pointer son nez dans l’affaire. La seule chose qui me restait à faire c’était d’inviter le calme pour ensuite m’endormir. Je ne me précipitai vraisemblablement pas à le faire. Je luttai à rester éveillée encore un moment. Mon désir de ne pas répondre à l’invitation de Morphée céda à la force de ses caprices séducteurs. Je tombai entre ses paumes. Heureusement que j’eus le temps de mettre en veilleuse la veilleuse. 

…..

Yann-Michel BALOSSA