Ouvrez la porte à votre imaginaire de Assane Malick Konaté Kona
Il avait cessé d’imaginer, assis à flâner, l’esprit égaré. Ses yeux grands ouverts fixaient la mer bleue, et l’écho des vagues chantait. Tout autour de lui, rien ne le retenait, aucun stimulus ne l’agrippait au lieu. Juste, une seule énergie forte et illimitée sans véritable sens, ni lois, ni direction. Il n’y avait que cette dernière qui pouvait en quelque sorte le restituer et canaliser cet esprit enfermé. Il resta longtemps assis, la tête dissipée, dans une superposition d’états. Lorsqu’elle fit son entrée, on entendit des lieux à l’entour le cri grossir, comme l’assourdissant bruit d’une grosse caisse étouffante et chargée d’un son lourd et lugubre. On sentit cette vague d’énergie échoir en chacun qui se trouvait sur son sillage. Mais il n’y prit garde, il resta là assis, fixant ! Qu’est-ce qui pouvait bien se trouver derrière, par-là ? Au-delà de ce miroir de monoxyde de dihydrogène. Qu’est-ce qu’il voyait ? Certains diraient un trésor, d’autres un rêve, ou encore un espoir, car rien d’autre ne pouvait occuper autant l’esprit. C’est ainsi qu’il demeurait alors qu’elle venait, pesante, prête à s’abattre, sans répit. Une vieille histoire raconte que longtemps avant, celui qui bâtit la demeure eut des yeux pour la vue et se hâta de l’harmoniser aux paysages. Et le soir, la famille et les passants s’y perdaient quelques instants, émus par tout. La maison était la dernière à la sortie du village. Celui qui l’habitait était peu bavard, c’est à peine si on l’entendait, unique, sans famille, tels seraient les mots des gens du village s’ils nous faisaient des confidences. Ils vous diraient qu’il est différent. Ça doit être pour ça qu’elle ne s’annonça pas. Il semblait y être préparé. Sa vague souffla sous le porche et noya le banc où il était assis. Elle était là, et le mouilla avec tiédeur, il ne s’abrita guère. Elle arracha son chapeau et l’envoya tellement haut, qu’il s’en rendit compte assez tard. …..
Assane Malick Konaté Kona
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